Arthur Cassaignau : Retour sur 4 ans d'impression 3D

Arthur Cassaignau : Retour sur 4 ans d’impression 3D

Publié Par le 20/10/2017

Aujourd’hui, après 4 années de bons et loyaux services, notre Product Owner et ancien Responsable Marketing Arthur Cassaignau part vers de nouvelles aventures. 4 années, à l’échelle d’une technologie aussi innovante, et à l’échelle d’une entreprise qui l’est tout autant, c’est beaucoup. L’occasion pour nous de revenir avec lui sur les grandes évolutions du secteur qu’il a pu observer, sur ce qu’il entrevoit pour le futur de cette technologie, et sur son expérience chez Sculpteo.

 

4 ans dans l’impression 3D

 

Pourquoi as-tu choisi de travailler dans l’impression 3D ? Qu’est ce qui te passionnait ?

A la fin de mes études, je souhaitais travailler dans un de ces 4 domaines : la révolution que représentait la fabrication personnelle, les nouveaux modes de transport urbains, l’énergie ou l’agriculture urbaine. Mon mémoire de fin d’études au Celsa portait les développements Open Source. Aussi, pendant mon cursus, j’ai toujours été intéressé par le design. Ces deux sujets ont convergé dans ma tête jusqu’à me demander ce qu’il se passerait si on appliquait la logique de l’Open Source au monde du réel, et pas juste au virtuel. A ce moment là, le mouvement Maker était en train d’émerger, donc je m’y suis beaucoup intéressé. C’est par cette voie que je suis arrivé chez Sculpteo, au fil de rencontres.

 

A quoi ressemblait le monde de l’impression 3D il y a 4 ans ?

Il y a 4 ans, la partie visible de l’impression 3D, c’était ce dont on entendait parler dans les médias : chacun aurait une imprimante chez soi à l’horizon de quelques années, on allait trouver des marketplaces comme iTunes pour télécharger ou vendre des fichiers, et il serait possible soit localement dans son quartier soit chez soi d’imprimer n’importe quoi.

 

Le secteur professionnel comprenait déjà que cette vision butait sur les problématiques de l’éducation du grand public à la création 3D, sur la difficulté de trouver des logiciels qui permettent de modéliser facilement, ainsi que sur la notion de coût vu que l’impression 3D était une technologie relativement chère.

 

Qu’est ce qui a changé ?

L’ensemble du secteur s’est engouffré dans cette promesse d’une révolution grand public. C’était particulièrement séduisant car ça faisait écho à beaucoup de problèmes qu’on ne sait pas adresser aujourd’hui. Pour les entreprises : être proche du consommateur. Pour les consommateurs : consommer de façon plus personnalisée, moins standardisée et plus responsable.

 

On a vu de belles levées de fonds, de beaux projets entièrement basés sur cette vision. Mais les problèmes précédemment évoqués sont durs à régler en quelques années. Petit à petit, la réalité du marché a été davantage mise en valeur, et les professionnels du secteur ont réussi à imposer des histoires plus industrielles pour mieux montrer la réalité de l’impression 3D, avec tout ce qu’elle peut apporter dans des secteurs comme l’automobile ou le médical par exemple.

 

Penses-tu que tu aurais pu entrevoir ces changements ?

Quand je suis entré dans le monde de l’impression 3D, je l’ai fait avec beaucoup de naïveté, et beaucoup de méconnaissance de ce qui avait été fait depuis 30 ans : des dizaines de technologies concurrentes existaient déjà, le choix de machines était très vaste, pour des prix allant jusqu’à des millions d’euros, une industrie vraiment complète existait déjà allant de la création de logiciels à la distribution dans le monde entier en passant par la fabrication de pièces. Je suis entré par la porte des médias, puis j’ai découvert cet autre angle. Je ne pense pas qu’on ait été naïfs trop longtemps chez Sculpteo, on a rapidement pris ce virage, plus industriel et tourné vers les entreprises que vers les consommateurs individuels.

 

A quoi penses-tu que ressemblera le monde de l’impression 3D dans 4 ans ?

Pendant longtemps, le monde de l’impression 3D évoluait plus lentement. La technologie SLS a peu changé depuis 15 ans, tout comme la ZCorp, brevetée il y a 25 ans. Mais l’essor récent du secteur a permis de faire émerger de nouvelles technologies comme CLIP (DLS) par Carbon, et Multi Jet Fusion par HP. Ces deux nouveautés sont très compétitives en termes de coût et de simplicité d’utilisation. Les cartes sont clairement rebattues et ça ne va pas s’arrêter là selon moi. On va assister à une grande évolution des matériaux et des technologies. On attend notamment des matériaux qu’ils puissent être utilisés pour des produits finis, et pas juste pour de prototypes. Les positions dominantes en termes de logiciels d’impression 3D vont aussi être challengées avec de nouveaux entrants sur le marché.

 

Quel est le projet qui t’a le plus marqué dans le monde de l’impression 3D au cours de ces 4 années ?

Chez Sculpteo, j’ai travaillé avec Claire Chabaud, qui est maintenant fondatrice d’Endeer, une startup qui permet de réaliser de la lingerie sur mesure grâce à l’impression 3D. Ce projet résume assez bien ce qu’on est en mesure d’attendre de cette technologie. C’est une application très spécifique de la technologie à un métier : créer de la lingerie à forte valeur ajoutée dans un secteur où la technologie n’a eu que très peu d’impact pendant longtemps. Grâce à une méthode de fabrication différente, on est en mesure de recréer de la valeur dans un secteur où elle ne dépendait souvent que de la marque et de l’esthétique.

 

4 ans chez Sculpteo

 

A quoi ressemblait Sculpteo quand tu es arrivé il y a 4 ans ?

Sculpteo, quand je suis arrivé, c’était environ 15 personnes. Les 3 piliers de l’entreprise étaient déjà clairement définis. Un tiers de l’effectif s’occupait de la production de pièces avec les imprimantes 3D pour livrer les clients. Un tiers était composé d’ingénieurs optimisant les logiciels de production en interne et l’interaction des utilisateurs avec la 3D en général. Et un dernier tiers était composé des fonctions support (marketing, sales, customer support). La valeur ajoutée de Sculpteo est bien là : ces trois piliers équilibrés sont notre force, encore aujourd’hui.

 

Qu’est ce qui a changé ?

Plus Sculpteo a grandi, plus chaque fonction a augmenté dans les mêmes proportions, avec à chaque fois des changements ambitieux pour chacun. Nous avons par exemple ouvert une usine aux Etats-Unis, développé un logiciel d’impression 3D toujours plus puissant et lancé un service de consulting en impression 3D pour transmettre au mieux notre expertise à nos clients. On a collectivement cherché à repousser nos limites en permanence. Et j’ai pu constater que notre capacité générale à attirer les talents a énormément progressé au fur et à mesure de notre développement.

 

C’est quoi l’identité Sculpteo selon toi ?

Sculpteo est une entreprise fondée par des ingénieurs, pour des ingénieurs, et ça se ressent beaucoup dans notre culture. C’est pour ça que nous comprenons bien les attentes de nos clients et que nous trouvons des solutions adaptées, tant en termes de production que de développement logiciel. C’est aussi une entreprise dans laquelle l’humain est vraiment valorisé. Une grande confiance est offerte à chacun des employés, nous sommes tous autonomisés au maximum, on nous confie des projets ambitieux et chacun fait attention à recruter des gens avec qui il est toujours très agréable de travailler. Pour moi, Sculpteo c’est un repaire de têtes bien faites qui ne se prennent pas non plus trop au sérieux.

 

Que penses-tu que Sculpteo t’a apporté ?

Un peu tout. Ce que je retiendrai le plus, c’est la notion que tout problème a une solution et qu’on peut vraiment s’attaquer à des problèmes complexes à condition de les fragmenter en petits bouts pour y trouver des solutions concrètes applicables et réalisables. Les ingénieurs sont obligés de fonctionner comme ça en permanence, mais c’est aussi très utile dans n’importe quel métier. J’étais quelqu’un qui avait tendance à avoir une approche très globale des choses, et j’ai trouvé des gens chez Sculpteo qui ont su me montrer que peu importe le niveau de complexité de quelque chose, on peut avoir une approche raisonnée et simple.

 

J’ai aussi pu travailler avec des profils très différents, ce qui est une vraie richesse. Savoir s’entourer des bonnes personnes et créer un panel de talents permet d’avancer et d’être vraiment ambitieux et innovant.

 

Ton meilleur souvenir ?

Il y en a beaucoup, forcément. Mais je dirais que les opportunités que j’ai eues d’être un ambassadeur réel de Sculpteo ont été très marquantes pour moi. Témoigner auprès des autres de ce que nous avons à offrir, des valeurs que nous portons et de notre ambition a été un honneur, et une vraie preuve de confiance.

 

Le mot de la fin ?

Merci à tous !

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