Personnalité de l'impression 3D : Mélanie Chevé

Personnalités de l’Impression 3D : Mélanie Chevé

Publié Par le 08/12/2020

Qui est Mélanice Chevé ?

Rencontrez Mélanie Chevé, Product Owner impression 3D plastique usine au sein du groupe Renault. Passionnée par les technologies de production digitales et orientée vers la Fabrication Additive depuis le début de son parcours, Mélanie nous explique comment elle participe à intégrer l’Impression 3D aux processus de production Automobile.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours académique et professionnel ?

J’ai fait une école d’ingénieur généraliste et ai effectué une thèse de master en Suède, dont le sujet était l’impression 3D métallique pour les presses d’emboutissage. Dans le cadre de cette étude j’ai dû reconcevoir des moyens d’emboutissage de presses pour tirer parti de l’impression 3D. L’idée était d’utiliser cette technologie pour intégrer de meilleurs circuits de refroidissement de tôles métalliques pendant l’emboutissage. Avec la liberté de design qu’offre la Fabrication Additive, il était possible d’intégrer ces circuits en optimisant les flux de refroidissement.

C’est de là qu’est d’ailleurs née ma curiosité pour cette technologie, surtout dans les milieux industriels. À l’issu de cette thèse de master, j’ai intégré la société de conseil et de prestation Segula Technologies, avec laquelle j’ai été en mission dans le groupe Renault. Mon travail portait sur le déploiement et la structuration de leur réseau d’impression 3D plastique.

Suite à cette mission, j’ai été embauchée dans le groupe Renault pour continuer le travail sur le réseau usine Manufacturing impression 3D, mais également sur la digitalisation de nos process usine.

Qu’est ce qui vous a attiré vers la Fabrication Additive ?

Le fait qu’on puisse s’appuyer sur des méthodes de fabrication traditionnelles en ayant la capacité de les repenser et de réinventer la façon dont on fabrique. J’ai toujours été attirée par l’industrie et les process de fabrication, or, l’impression 3D permet d’ouvrir des nouvelles portes en la matière.

Pouvez-vous nous présenter des projets auxquels vous avez participé chez Renault ?

Chez Renault, il existe certains centres qui ont une très forte expérience de la Fabrication Additive et qui l’utilisent depuis plus de 20 ans. Dans un second temps, il y a des sites qui ne sont soit pas équipés ou qui n’ont pas les compétences requises pour utiliser l’impression 3D. Notre démarche a été de structurer l’utilisation de la technologie dans toutes les usines, en partageant les bonnes pratiques, les recommandations de machines et de conception.

Suite à cette première mission, on a cartographié les ressources et les moyens, pour ensuite uniformiser les utilisations de l’impression 3D. On a déployé les pièces qui avaient un fort intérêt à être imprimées dans un site à l’ensemble des usines, afin de multiplier gains et bonnes applications.

Quels sont les technologies d’impression 3D que Renault utilise ?

Dans le cadre des plastiques, car il s’agit des matériaux avec lesquels je travaille, on utilise des technologies de dépôt de filaments, de frittage de poudre et le procédé Multi Jet Fusion d’HP. En ce qui concerne les métaux, on a également recours au dépôt de filaments et au frittage de poudre. Il faut savoir que toutes nos usines sont équipées d’imprimantes 3D plastiques, le nombre de machines variant entre 3 et 13 machines selon la taille du site. Nous avons également des référents habilités et responsables de l’impression 3D sur leur site, qui gèrent les demandes, la conception et l’impression des pièces.

Quelles sont les applications de ces pièces ?

On réalise principalement des outils et des prototypes. On parle en définitive d’applications process, les pièces qui rentrent donc dans nos processus de fabrication, mais pas de pièces de véhicules.

On utilise beaucoup l’impression 3D pour le prototypage rapide, pour effectuer des rendus dans les phases de design et de validation des pièces (au niveau de l’encombrement ou de leur rentabilité par exemple). Pour la partie outils de production, on va utiliser la Fabrication Additive en remplacement. Si une pièce casse et qu’on a besoin d’une pièce de maintenance, on peut avoir recours à cette technologie si nos fournisseurs ne peuvent nous livrer que dans des quantités trop importantes, ou dans des délais trop longs.

Sur nos lignes de production, l’impression 3D intervient aussi pour favoriser l’ergonomie au poste. On imprime entre autres des protections pour réduire les non-qualités sur un véhicule, des outils pour aider l’opérateur dans son travail, des poka-yoke servant à mieux reconnaître les différentes pièces ou des gabarits de montage par exemple.

Quels sont les avantages que vous percevez dans l’impression 3D pour l’automobile?

L’intérêt c’est de pouvoir concevoir, fabriquer et prendre des décisions de manière flexible, rapide et locale tout en réduisant nos coûts. C’est aussi de pouvoir concevoir et itérer plusieurs designs, d’être indépendants des délais fournisseurs.

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